AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 it's time to make a difference (ELIZABETH)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Elizabeth Arrington
✣ winter has come and it brings death.

avatar
hardhome

ici depuis le : 30/10/2015 Messages : 83 Localisation : camp lawrence

MessageSujet: it's time to make a difference (ELIZABETH)   Ven 30 Oct - 10:42


Elizabeth Mary Arrington

There is no turning back
There can be no triumph without loss. No victory without suffering. No freedom without sacrifice.

prénoms : Elizabeth Mary ○ nom : Arrington ○ âge : 27 ans, elle est née le 28 juin 1917. ○ orientation sexuelle : hétérosexuelle ○ situation matrimoniale : Célibataire. ○ métier : Infirmière au sein de la RNC. ○ groupe : bad blood. ○ avatar : Keira Knightley.


i told you to run so we'd both be free

La famille Arrington fait partie de la noblesse anglaise. ○ Elizabeth est l'aînée d'une fratrie. En s'engageant ici en France, elle laisse derrière elle deux sœurs cadettes. ○ Elle devait épouser un riche anglais choisi avec soin par ses parents mais la guerre a tout bouleversé. ○ Elle a pris la sale habitude de fumer dans les moments les plus stressant de sa vie. ○ Elle se fiche de l'uniforme et soigne tous les hommes qui se présentent à elle. ○ Elle a toujours beaucoup plu aux hommes mais n'a jamais trouvé celui qui faisait battre son cœur. ○ Elle est récemment devenue Lieutenant.


three miles up, three miles down

pseudo/prénom : RIDDERMARK mais appelez moi Florence ! âge : 25 ans. comment as-tu découvert le forum ? : J'ai suivi le projet I love you . comment tu le trouves ? : De toute beauté ! Bien fourni en informations, bien travaillé ! Le top quoi. autres : Bisous sur vos fesses   .

Code:
[b]KEIRA KNIGHTLEY[/b] ○ [i]Elizabeth Arrington[/i]


Dernière édition par Elizabeth Arrington le Sam 31 Oct - 19:20, édité 13 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Elizabeth Arrington
✣ winter has come and it brings death.

avatar
hardhome

ici depuis le : 30/10/2015 Messages : 83 Localisation : camp lawrence

MessageSujet: Re: it's time to make a difference (ELIZABETH)   Ven 30 Oct - 10:42


we were young and reckless


(make a wish and place it in your heart anything you want, everything you want.) L’été 1938 était particulièrement doux et propice aux sorties sous le soleil, au bord de la mer. Moi qui d’ordinaire ne se laissais pas si facilement distraire, avait accepté de passer une journée à Southend-on-Sea. Ma plus jeune sœur, Eleanor, avait si bien insisté que je n’avais pu refuser. Elle était même parvenue à détacher Ellen des bras de son fiancé qu’elle ne quittait plus depuis plusieurs semaines. Et c’est en riant et en chantant que nous, les trois sœurs Arrington, roulèrent dans l’auto familiale jusqu’aux plages de Southend-on-Sea. Lorsqu’enfin les embruns de l’eau salée arrivèrent à mes narines, je pris le temps de respirer à pleins poumons et de savourer ce moment. Le sable tiède sous mes pieds débarrassés de ses chaussures, me donna l’impression de ne plus me trouver en Angleterre. Je pouvais enfin vider ma tête et profiter de l’instant présent. Les ordres hurlés par ma supérieure n’étaient qu’un vague souvenir. Les heures de travail acharné, les lectures intensives, les tests étaient enfin oubliés. Les quelques heures de sommeil dont je bénéficiais chaque jour ne me semblait plus si pesantes. Enfin libérée d’un fardeau, je respirais pleinement. Derrière moi, mes sœurs riaient. Elles me dépassèrent en courant, filant tout droit vers les vagues, mais se stoppant net face à la froideur mordante de l’eau. Néanmoins, elles s’y habituèrent vite et prirent un malin plaisir à s’éclabousser, m’entraînant malgré moi dans ce jeu enfantin. Je ne niais plus : j’avais eu grand besoin de cette bouffée d’oxygène loin des rues bondées de Londres, et, surtout, loin de l’hôpital et de mes études. Assises dans le sable, l’écho des vagues dans les oreilles, le soleil contre ma peau, le rire discret des jeunes amoureux, le babillage incessant des enfants découvrant la vaste mer pour la première fois. J’essayais de mémoriser ces quelques précieux instants. « Alors, comment vont les choses avec ce cher monsieur Appleby ? » Je fronçais les sourcils, comme à chaque fois que ce nom était évoqué. Eleanor prenait toujours un malin plaisir à se mêler des choses qui ne la regardait pas. Elle savait comment m’atteindre et comment me faire sortir de mes gonds. Mais le plus étonnant chez elle était cette façon qu’elle avait d’adorer ce monde superficiel. Elle embrassait volontiers la destiné que notre nom de famille lui avait tracé. Je ne doutais pas une seconde que, le moment venu, elle accepterait volontiers le mari que nos chers parents lui présenteraient. Eleanor se pliait aux conventions. Pire encore, elle les embrassait. Étant l’aînée de notre fratrie, celle qui avait vécue le plus longuement dans ce milieu rigide, on aurait pu croire que j’étais celle qui suivait scrupuleusement les règles. Bien au contraire, j’étais celle qui cherchait à s’émanciper. Celle qui avait décidé de suivre un cursus scolaire poussé. Celle qui avait lancé, un beau matin pendant le petit-déjeuner « Je vais me lancer dans une carrière d’infirmière. » Père avait craché son thé et mère laissé mollement retomber son pain dans son assiette. En somme, j’étais la brebis galeuse de la famille. Les choses ne s’étaient pas arrangées lorsqu’Ellen avait annoncé ses fiançailles quelques mois plus tôt. L’amour avait frappé à sa porte sans prévenir et les deux parties étaient plus que ravies. Non seulement il s’agissait d’un mariage d’amour, mais en prime, cette union réunissait deux familles tout à fait respectables du comté. Le seul petit bémol que trouvait notre mère résidait dans le fait que la seconde née de la famille se mariait avant la première. Elle refusait toujours de m’entendre lorsque j’argumentais sur mes refus plus ou moins explicite quant à m’unir avec Richard Appleby. Un homme tout à fait respectable, plutôt joli garçon et fort aimable. Mais un homme sans aucune passion et dont je n’étais pas amoureuse. « Je n’ai pas le temps de m’en préoccuper. Il devrait laisser tomber et s’occuper d’affaires plus importantes. » J’avais fermé les yeux mais je savais pertinemment que mes deux cadettes se jetaient un regard complice sous des gloussements à peine contenus. Soupirant, je relevais mon corps dans une posture assise, et plus confortable, me permettant de toiser mes deux sœurs. « Cela ne vous inquiète pas ce qu’il se passe en Allemagne ? » Eleanor haussa les épaules. « Nous n’y pouvons rien. Je m’inquiète plutôt de savoir ce que je vais porter au bal des Emmerson la semaine prochaine. » Je levais les yeux au ciel, poussant un grognement de désespoir face au comportement désinvolte et insouciant dont faisait preuve en permanence Eleanor. J’espérais qu’au moins Ellen serait de mon avis. Sans se préoccuper plus que ça de politique, Ellen avait un sens du monde plus aigu que notre cadette et lisait le journal presque chaque matin. Toutefois, depuis l’annonce de ses fiançailles, je la trouvais plus distraite que d’ordinaire et plus encline aux conversations volages. « C’est vrai qu’il s’y passe des choses inquiétantes… Mais le gouvernement britannique a les choses en main n’est-ce pas ? » J’acquiesçais en silence. Je ne voulais pas dire tout haut les pensées qui m’agitaient. Nuire à cette belle journée n’était pas dans mes intentions et je sentais qu’Ellen était troublé parce qu’elle avait lu dans la presse. Je préférais me taire et laisse de côté les sombres présages qui s’accumulaient. « Tu as raison. » Je souriais et posais une main réconfortante sur le bras d’Ellen. « Allons manger quelque chose. Je meurs de faim ! » Empoignant les bras de mes sœurs, nous partîmes en direction du centre ville où nous trouverions rapidement un restaurant. Malgré le sourire qui illuminait mon visage, je ne pouvais m’empêcher de penser aux évènements qui ébranlaient peu à peu notre monde. Au fond de moi une angoisse grandissait. Une peur que je gardais secrète. Quelque chose que beaucoup d’autres partagé sans jamais osé en parler à haute voix. La guerre approchait.



and then the world collapsed


(my kingdom is turning to ash in my mouth as you burn on the battlefield and call it victory.) La mobilisation générale le 1er septembre 1939 avait mis un terme à tout vain espoir que j’avais encore de voir cette guerre évitée. Il m’était désormais très clair que personne n’y pouvait rien. C’était écrit. Assis dans le salon, nous écoutions dans un silence de mort la radio. L’homme débitait des paroles qui ne m’atteignaient plus. La mobilisation générale avait finalement anéantie tous mes espoirs. A mes côtés, Eleanor n’y croyait pas. Elle répétait sans cesse qu’un compromis allait être trouvé, que la guerre était impossible. Ellen était au bord des larmes, comprenant que, si cette guerre éclatée bel et bien, son cher futur époux partirait. Papa fixait la radio, les sourcils froncés dans un effort de concentration. Maman priait en silence. Moi, le sang glacé, le souffle court, m’étais réfugiée à la fenêtre. Le soleil avait disparu comme pour nous signifier que tout ceci était bien réel, que le mauvais temps s’abattait sur nous. Les jardiniers s’affairaient dehors, peut-être encore ignorants de ce qui se jouait. Ce que j’avais pressenti des mois plus tôt se réalisaient finalement. Deux jours plus tard, le Royaume-Uni entrait officiellement en guerre contre l’Allemagne. L’hôpital m’appela dans l’après-midi, me sommant de venir au plus vite. J’étais, à ma façon, mobilisée. Maman n’était pas rassurée de me savoir au cœur de Londres, surtout avec le black-out devenu effectif. Pourtant, je n’avais pas le choix. Je quittais le cocon familial, une valise posé dans l’automobile pour seuls effets. J’allais rejoindre une nouvelle vie. Une vie plus adulte peut-être, une vie plus dangereuse sans doute. Je vivrais à deux stations de métro de l’hôpital avec trois autres infirmières. Je passerais mes journées entières là-bas. Dès les premiers jours, j’ai su que l’odeur du sang et de la mort ne me quitterait plus jamais. J’y côtoyais chaque jour des soldats britanniques blessés, certains légèrement, d’autres presque mortellement. On les rapatriés de France afin qu’ils soient suivis dans de meilleures conditions. Nous n’étions pas un hôpital d’urgence, simplement un endroit de transit où les amputés pouvaient se reposer. Parfois, nous perdions un patient. Principalement pour cause de suicide. M’engager dans le corps des infirmières m’avais apparu comme quelque chose de naturel. Aider mon prochain était une vocation. Je ne prétendais pas être une sainte, loin de là ! Je savais être égoïste et j’avais ce quelque chose d’effronté dans la voix, parfois.  En devenant infirmière, je n’avais pas réalisé combien il me serait pénible de voir et de vivre la mort. Je ne pouvais plus grand-chose pour ces pauvres malheureux qui avaient déjà perdu un bras, une jambe, parfois les deux. Ces braves soldats qui avaient perdus leurs yeux et qui cherchaient dans le noir une voix réconfortante. Je ne pouvais plus rien pour leur chair mais je pouvais encore apaiser leurs esprits en perdition. Pourtant, cela ne me suffisais plus. Il y avait tant d’autres choses dont j’étais capable. J’aurais pu empêcher au Sergent Brent de perdre ses deux jambes si seulement j’avais été auprès de lui après que cette grenade ait sauté. Je pouvais faire plus. Je ressentais le besoin oppressant de sauver des vies. La Royal Nursing Corps pouvait m’y aider.



time to bid you farewell


(nothing's gonna be the same, i might be restless, i could be wild, i might be torn inside, i could be cold, but I'm burning for a new life.) Enfin. Après deux longues années passées à l’arrière, dans cet hôpital de Londres, après avoir subi le black-out quotidien et un effroyable blitz, enfin je partais pour la France. Certains me prenaient pour une folle, d’autres saluaient mon courage et ma dévotion. Il y avait, sans doute, une parte de folie là-dedans. Pourtant, je le sentais jusqu’au plus profond de moi-même : c’était la bonne chose à faire. Avec le temps, j’avais fini par me sentir inutile ici. Je lisais les journaux, écoutais quotidiennement la radio et voyais de mes yeux éveillés ce que la guerre engendrée. Je ne voulais plus la vivre à distance. Je ne le pouvais plus. Je ne pouvais plus me contenter d’être figurante de l’Histoire et de regarder passer les hommes meurtris, détruits, sans rien pouvoir changer. Cette incapacité d’agir me dévorait de l’intérieur. La Royal Nursing Corps m’avait accordé une semaine pour arranger mes affaires et faire mes adieux. La nouvelle de mon déploiement imminent en France avait engendré une panique sans précédent dans la famille. La guerre nous frappait finalement d’un peu plus près. C’en était trop pour ma mère. Elle avait eut beaucoup de mal à gérer le blitz. Sans parler du fait d’avoir perdu la moitié des domestiques. Tous les hommes du domaine avaient été mobilisés. Il ne restait plus que George, notre majordome, qui, du haut de ses 55 ans était trop âgé pour la guerre. Nous avions aussi Andrew, le valet de papa, réformé pour des problèmes de vue. Bien sûr, les femmes étaient restées : Jane, notre gouvernante, ainsi que Claire et Rose, nos dames de chambres, Mrs Hudson, notre cuisinière et son aide, Lyla. Tous les autres étaient partis. Aujourd’hui mon tour était venu. J’avais préparé avec soins deux valises, sans vraiment savoir si tout ce que j’emportais me serait bien utile. J’avais laissé mes robes de soirées à Ellen et Eleanor. Je savais qu’elles mourraient d’envie de les avoir. Mes bijoux reposaient dans leur jolie boîte en argent que j’avais fermais à double tour et enfermait dans le tiroir de ma petite commode. J’étais généreuse avec mes sœurs mais le bouchon ne devait pas être poussé à outrance. Je gardais précieusement dans la poche de mon manteau une photo de nous trois, et une de toute la famille réunie. Malgré les disputes fréquentes et les nombreux points de divergence, j’aimais profondément mes parents et je savais qu’ils me manqueraient cruellement. Quant à mes sœurs, avant la guerre, je n’avais jamais vraiment mesuré le poids de notre amour et cette amitié qui nous liait. J’avais beau passer mon temps à sermonner Eleanor, à la trouver trop volage et sans envergure, je l’aimais. Je savais qu’Ellen avait besoin de moi. Elle avait fini par épouser son bel Harry. Il était reparti au front. Je savais combien elle avait besoin de moi mais je savais aussi qu’ici, au domaine Arrington, elle ne serait jamais seule. « J’écrirais aussi souvent que possible, promis. » Sur le pas de la porte, famille et domestiques étaient réuni pour moi. Ma grand-mère paternelle, dont je partageais le prénom, avait décidé de venir vivre au domaine. Elle se tenait aussi droite que possible aux côtés de mon père. Ma mère pleurait et je voyais très clairement qu’Ellen retenait des sanglots. Eleanor n’en menait pas large non plus. Elle qui, d’ordinaire, ne se laissait jamais abattre. Elle qui avait toujours relégué la guerre au second plan, avait dû, bien malgré elle, y faire face. Il était loin le temps de l’insouciance. Notre voiturier était lui aussi parti au front, aussi la Royal Nursing Corps m’avait apprêté une voiture et un chauffeur. Mes bagages chargés, le temps des adieux s’imposaient. Je respirais profondément cet air pur et familier, espérant peut-être le garder quelque part en moi. Ma mère me serra dans ses bras dans un geste qui surprit tout le monde. Les démonstrations d’amour n’étaient pas son fort. Mon père aussi m’enlaça. « Sois prudente mon pain d’épice. » Et tandis qu’une larme coulait sur ma joue, je souriais. Je regardais Ellen et Eleanor, serrait l’une contre l’autre et les enlaçaient avec force. Je n’avais aucun mot assez fort pour leur exprimer mes sentiments. J’étais incapable de parler, aussi nous sommes nous contenter de cette étreinte et de sourires entendus. J’ai longuement gardé leurs mains dans les miennes puis j’ai lâché prise. Je me suis approché des domestiques, ces gens que l’on traitait souvent comme des moins que rien mais qui, d’une certaine manière, étaient également ma famille. J’ai déposé un baiser sur la joue de George qui m’a serré la main et souhaité bonne chance. J’ai sourit à Andrew qui a hoché la tête. J’ai enlacé Jane, Rose et Claire qui avait veillé sur moi toutes ces années. « Votre cuisine me manquera Mrs Hudson. » Elle a sourit et son teint à prit un ton rosé. Lyla à ses côtés m’a serré la main. « C’est vous qui nous manquerait mademoiselle. » Je me suis approché de la voiture, ait ouvert la portière avant de me retourner vers ma famille. Je mémorisais chacun de leur visage et m’efforçais de ne pas pleurer. Je souriais. « Veillez les uns sur les autres. » Je suis montée dans l’auto et nous avons démarré. Je ne me suis pas retourné. J’ai pleuré en silence.



it's the end of the world


(we now send our children out into the world like we send young men to war, hoping for their safe return but knowing that some will be lost along the way.) J’avais été envoyé à Calais, ville portuaire où britannique et français se côtoyaient sans grande distinction. Notre hôpital de fortune avait été planté au beau milieu d’une église. Les premiers jours avaient été difficiles et dérangeant. Autant de sang et de morts dans un lieu sacré ne m’apparaissaient pas comme étant bienséant. J’avais fini par dépasser ça. J’étais en France, au plus près des combats, du moins le croyais-je encore à ce moment. Après sept mois, on m’a à nouveau déménagé. Direction Compiègne pour quatre mois. Nous étions au milieu de l’automne 1942. J’avais déjà vu trop de sang, trop de morts. J’avais pu en sauver. J’avais dû en laisser partir. Le premier avait été dur. J’avais refusé de renoncer. Je m’étais acharné sur sa cage thoracique, espérant faire battre son cœur à nouveau. En vain. J’étais restée auprès de lui un moment, pleurant en silence, avant de sortir et d’hurler à m’en brûler la gorge. Cette guerre n’avait pas de sens. Comme vidée de l’intérieur, j’oubliais de vivre. Il n’y avait guère que les photos de ma famille et leurs lettres qui me remontaient vers la surface. Cependant, je ne pouvais leur donner aucun détail sur ma vie ici. Je ne le voulais pas. Je refusais de leur parler de l’horreur quotidienne qui me frappait en pleine âme. Ils n’avaient pas besoin de savoir. Au lieu de cela, je leur parlais du dernier film que j’avais vu, des soldats vivants à qui j’apportais un peu de réconfort en leur parlant. Je leur disais que j’allais bien et qu’ils me manquaient. Quelques mots griffonnaient qui m’aidaient à tenir. Ce matin d’automne je leur avais écrit qu’on me rapatriait vers l'Angleterre, dans un village plus calme d'où je pourrais leur rendre visite plus régulièrement. J'ai laissé passer l'année 1943, heureuse et réconfortée de me trouver sur le sol britannique. Surprise, parfois dégoûtée, du comportement de mes compatriotes restés à l'arrière. La guerre n'avait pas changé grand chose des mœurs des mieux lotis. Je ne pouvais rester indéfiniment ici. Je ne m'y sentais plus à ma place. Quand 1944 a retenti et que la Royal Nursing Corps envoyait à nouveau des volontaires, j'étais parmi les premières à partir à nouveau pour la France. Une décision que ma mère ne comprit pas. Je me suis retrouvé dans un village des Ardennes. « Bienvenue au camp Lawrence Lieutenant Arrington. » Le soldat me salua, et je le lui rendis. Il m’aida avec mes bagages avant d'avancer d’un pas déterminé vers une large tente au beau milieu des arbres. « Voilà notre infirmerie. Vos nouveaux collègues vous diront tout. Vous serez logé au village. » Je récupérais mes maigres bagages et inspectait du regard les lieux plus que rustiques. « Merci sergent. » Il paru surpris que je connaisse son grade puis me sourit avant de me saluer et de s’éclipser, non sans m’avoir dit qu’il était à ma disposition. Je n'étais pas encore habituée à ce nouveau grade. Propulsée lieutenant, j'avais pourtant l'impression d'être punie. Cet endroit n'avait rien de ce que j'avais imaginé. Des arbres, un froid mordant, des tentes. Voilà ce à quoi je devais m’habituer. Et toujours la mort. Son spectre me suivait, me glaçant le sang, m’empêchant, parfois, de fonctionner correctement. Après trois ans de service actif au sein de la Royal Nursing Corps sur les fronts de France, on aurait pu croire que je désirais partir. M’enfuir loin de tout ça, retrouver une vie normale. J’en avais le droit. On me l’avait déjà proposé. J’avais refusé. Ma place était ici. Ici, au moins, je pouvais faire une différence. Cet environnement était rude et sans pitié. Je m’y plus longtemps que d’habitude à m’acclimater aux Ardennes. Je devais bel et bien loger au village, chez une vielle femme, veuve de guerre, aimable et chaleureuse. Hélas, je n’y étais pas aussi souvent que je l’aurais désiré. Je passais trop souvent des nuits debout à m’occuper des blessés. Je dormais parfois dans la tente où étaient rangées les provisions médicales. J’avais passé trois ans au front et pourtant j’avais la très nette sensation de ne jamais avoir été si proche de la guerre.




_________________

What happened to us ? we now send our children out into the world like we send young men to war, hoping for their safe return but knowing that some will be lost along the way. When did we lose our way ? Consumed by the shadows, swallowed whole by the darkness. Does this darkness have a name ?



Dernière édition par Elizabeth Arrington le Sam 31 Oct - 11:07, édité 19 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Frances "Willy" Evans
≈ we might to be hollow, but we're brave

avatar
hardhome

ici depuis le : 17/12/2014 Messages : 151 Localisation : camp lawrence, surement en train de réparer une mitrailleuse enraillée.

MessageSujet: Re: it's time to make a difference (ELIZABETH)   Ven 30 Oct - 11:45

OH MON DIEU KEIRA en infirmière en plus tu me tues
(et c'est bien d'avoir craqué, tu vas voir, on va bien s'amuser ici )
bref, j'ai hâte de lire la suite de ta fiche, bon courage tongue I love you

_________________

they say war is hell, so peace sould be holy.
wind under your wings. and of all the harm that e'er i've done, alas it was to none but me and all i've done for want of wit, to memory now i can't recall so fill to me the parting glass. goodnight and joy be with you all.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Elizabeth Arrington
✣ winter has come and it brings death.

avatar
hardhome

ici depuis le : 30/10/2015 Messages : 83 Localisation : camp lawrence

MessageSujet: Re: it's time to make a difference (ELIZABETH)   Ven 30 Oct - 11:51

Je saiiiis c'est la perfection ! (j'ai hésité avec Hayley Atwell pendant un court, très court, instant )

Ouais, tu m'a trop vendu du rêve là, tsss
Merci beauté ! (j'espère que ça ne t'embête pas, j'ai piqué les codes de ta fiche )

_________________

What happened to us ? we now send our children out into the world like we send young men to war, hoping for their safe return but knowing that some will be lost along the way. When did we lose our way ? Consumed by the shadows, swallowed whole by the darkness. Does this darkness have a name ?

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Frances "Willy" Evans
≈ we might to be hollow, but we're brave

avatar
hardhome

ici depuis le : 17/12/2014 Messages : 151 Localisation : camp lawrence, surement en train de réparer une mitrailleuse enraillée.

MessageSujet: Re: it's time to make a difference (ELIZABETH)   Ven 30 Oct - 12:04

keira est définitivement parfaite pour le rôle I love you hehe, t'as bien fait de venir, vraiment
(et t'inquiète, j'ai mis des années à savoir comment on faisait ces codes, donc prends prends, j'en fait profiter à tout le monde )

_________________

they say war is hell, so peace sould be holy.
wind under your wings. and of all the harm that e'er i've done, alas it was to none but me and all i've done for want of wit, to memory now i can't recall so fill to me the parting glass. goodnight and joy be with you all.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Elizabeth Arrington
✣ winter has come and it brings death.

avatar
hardhome

ici depuis le : 30/10/2015 Messages : 83 Localisation : camp lawrence

MessageSujet: Re: it's time to make a difference (ELIZABETH)   Ven 30 Oct - 12:27

tout à fait d'accord ! en plus ça fait un moment que je ne l'ai pas joué, elle me manquais
(ahah super I love you merci. il est top. parce que j'ai essayé de faire un truc moi mais ça marchais pas donc ça m'a saoulé )

Nous faut un lien ma belle

_________________

What happened to us ? we now send our children out into the world like we send young men to war, hoping for their safe return but knowing that some will be lost along the way. When did we lose our way ? Consumed by the shadows, swallowed whole by the darkness. Does this darkness have a name ?

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Anastasia Morel
Whoever saves one life, saves the world entire.

avatar
hardhome

ici depuis le : 30/10/2015 Messages : 67

MessageSujet: Re: it's time to make a difference (ELIZABETH)   Ven 30 Oct - 19:55

Bienvenue et bonne chance pour ta fichette I love you
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Frances "Willy" Evans
≈ we might to be hollow, but we're brave

avatar
hardhome

ici depuis le : 17/12/2014 Messages : 151 Localisation : camp lawrence, surement en train de réparer une mitrailleuse enraillée.

MessageSujet: Re: it's time to make a difference (ELIZABETH)   Sam 31 Oct - 0:50


tu es validé(e) !


ta plume le personnage est vraiment intéressant, et il nous faut absolument un lien malgré une erreur de date et une erreur au niveau de l'espace temps (en 1943, il n'y a pas de bataille en france, c'est à partir de 1944 que commence tout ) mais rien de bien grave, l'histoire reste très cohérente I love you c'est avec plaisir que je te valide florence, welcome home

Voilà ! Tu es validé(e) à présent, tu es donc un membre du forum à part entière I love you Le message ici présent ne sert pas qu'à te féliciter sur ta fiche fraichement validée, mais aussi à te guider pour accomplir tes premiers pas sur The Last Patrol. Afin d'aider ton staff adoré à garder le forum un tant soit peu organisé, il va falloir aller t'enregistrer sur plusieurs sujets avant de te lancer à coeur perdu dans l'aventure

Parmi les registres où il est urgent de se recenser, on peut compter le répertoire des grades, pour éviter qu'un autre soldat ne te pique ton statut. Si ton personnage ne fait pas parti de l'armée, il t'est conseillé de te rendre sur le sujet qui recence les métiers. Ensuite, pour ne pas te retrouver tel un membrounet esseulé, il est vital (sans exagérer, non non What a Face ) d'aller poster ta fiche de liens et si le coeur t'en dit, d'aller te trouver des partenaires rp. Si tu as déjà des idées de liens précis pour ton personnage, tu peux aller poster un ou deux scénarii et attendre de trouver preneur. Enfin, afin d'agrémenter ton profil, tu peux directement demander un rang, et n'oublie pas que la partie flood est ton amie, n'hésite pas à aller faire un tour I love you

Tu vas voir, tu vas bien t'amuser À bientôt sur le forum, may we meet again mon frère

_________________

they say war is hell, so peace sould be holy.
wind under your wings. and of all the harm that e'er i've done, alas it was to none but me and all i've done for want of wit, to memory now i can't recall so fill to me the parting glass. goodnight and joy be with you all.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Elizabeth Arrington
✣ winter has come and it brings death.

avatar
hardhome

ici depuis le : 30/10/2015 Messages : 83 Localisation : camp lawrence

MessageSujet: Re: it's time to make a difference (ELIZABETH)   Sam 31 Oct - 9:07

Merci Ana I love you (oui j'avais oublié de te répondre What a Face )

Oh merci ma belle évidemment qu'on va se trouver un lien !
Je rectifie tout de suite cette erreur. Je vais mentionner un retour en Angleterre durant cette période Smile

_________________

What happened to us ? we now send our children out into the world like we send young men to war, hoping for their safe return but knowing that some will be lost along the way. When did we lose our way ? Consumed by the shadows, swallowed whole by the darkness. Does this darkness have a name ?

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé


hardhome


MessageSujet: Re: it's time to make a difference (ELIZABETH)   

Revenir en haut Aller en bas
 

it's time to make a difference (ELIZABETH)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Make your own tankpad !
» [ProA arbitrage] Le « precision time system » arrive
» Elizabeth Paisieva
» TIME
» La Time Machine PBP

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: fire a gun-