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 the dead of winter (frances)

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Frances "Willy" Evans
≈ we might to be hollow, but we're brave

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hardhome

ici depuis le : 17/12/2014 Messages : 151 Localisation : camp lawrence, surement en train de réparer une mitrailleuse enraillée.

MessageSujet: the dead of winter (frances)   Jeu 30 Juil - 12:52


frances "willy" evans

ain't nobody going home.
where must we go, we who wander this wasteland, in search for our better selves ?

prénom : La jeune brune répond au doux nom de Frances, prénom très donné aux bébés dans les années 1920 aux Etats-Unis. Malgré la popularité de son patronyme qui le rend plutôt commun, Frances en est très satisfaite. Cependant, elle ne se fait quasiment jamais appeler ainsi. Ses supérieurs l'appellent par son grade ou son nom de famille, tandis que ses camarades la surnomme Willy. Ce surnom est le fruit d'un adjectif qu'ils utilisaient pour la définir : wily, qui signifie "astucieuse". À force, le wily s'est transformé en Willy, qui est resté. La jeune femme porte ce sobriquet depuis le début de ses classes. ○ nom : Evans, un nom d'origine galloise anglicisé pour devenir l'un des noms de familles les plus répandus en Amérique. Imprimé sur sa veste d'uniforme, il la suit où qu'elle aille, en lui rappelant à chaque fois, dès qu'elle l'entend, ses origines galloise, qu'elle porte par ses deux parents. ○ âge : née en janvier 1921 à Brooklyn de deux émigrés anglais, Frances est maintenant âgée de vingt-trois ans. ○ orientation sexuelle : bien qu'elle ne se soit jamais posé la question, Frances reste attirée par les hommes. ○ situation matrimoniale : célibataire, Frances essaie de s'intéresser le moins possible aux hommes qui défilent devant ses yeux depuis le début de la guerre, sachant que du jour au lendemain, une romance peut rapidement être détruite. Cependant, cela reste excessivement dur... ○ métier : mécanicienne et ingénieure de combat pour l'armée de terre américaine, l'US Army. ○ rang : caporal au sein de la seconde section, Wild West Company, 324ème régiment de la 99ème division d'infanterie, US Army. ○ avatar : jenna louise coleman.


i told you to run so we'd both be free

Ici, vous écrirez ce que vous voudrez, comme de petites anecdotes sur votre personnage ou des éléments clés de sa vie. Un minimum de cinq points est demandé. Pour ceux qui ne font pas l'histoire, nous vous demandons un minimum de 10 points où vous raconterez dans les grosses lignes la vie de votre personnage. N'oubliez pas toutefois de développer votre réponse. ○


three miles up, three miles down

pseudo/prénom : maximoff. (charlie) âge : dix-sept ans bientôt. comment as-tu découvert le forum ? : on se demande What a Face comment tu le trouves ? : moche tongue autres :

_________________

they say war is hell, so peace sould be holy.
wind under your wings. and of all the harm that e'er i've done, alas it was to none but me and all i've done for want of wit, to memory now i can't recall so fill to me the parting glass. goodnight and joy be with you all.


Dernière édition par Frances "Willy" Evans le Sam 31 Oct - 12:12, édité 3 fois
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Frances "Willy" Evans
≈ we might to be hollow, but we're brave

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hardhome

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MessageSujet: Re: the dead of winter (frances)   Sam 8 Aoû - 16:51

so many years

(fire within) Frances repassa les plis de sa jupe de coton noir et tira sur le nœud en satin qui ornait le col de son chemisier blanc. Debout au beau milieu du trottoir, les passants pressés la contournaient avec un petit râle désapprobateur, tandis qu'elle ne leur prêtait aucune attention, trop intimidée et impressionnée pour daigner remarquer leur mauvaise humeur. Toute son attention était focalisée sur le bâtiment imposant juste en face d'elle. Le Département de la Défense de New-York, situé en plein Manhattan, se dressait de toute sa hauteur. Grand building de plusieurs étages, il abritait de nombreux bureaux dont les fenêtres réfléchissaient les rayons du Soleil, resplendissant dans le ciel bleu. Frances avait du poser sa journée au magasin spécialement pour aujourd'hui. Elle officiait en tant que vendeuse dans une boutique coquette de Brooklyn, et ses horaires habituelles ne lui auraient jamais permis de se rendre à temps aux offices de la WAC. Or, la guerre avait été prononcé pour les États-Unis il y a quelques mois déjà, et si elle ne s’enlisait pas maintenant, toute cette pagaille serait bientôt terminée avant qu'elle n'ait pu faire quoi que ce soit pour aider. Elle avait trop attendu. Elle pensait notamment à ses collègues et ses amies, qui elles, n'avaient pas hésité un seul instant avant de s'enrôler dans l'Armée Américaine. Doris, la copine d'enfance de Frances, avait été la première à se présenter. Elle avait été directement envoyée dans le Corps des Infirmières. Il y a plus d'une semaine à peine, elle avait embarqué sur un paquebot en direction de l'Australie, pour ensuite être envoyée sur une des îles du Pacifique déjà reprise par les « Yankees », comme on surnommait les soldats Américains. Ensuite était venu le tour d'Emma. C'était une habituée de l'échoppe où travaillait Frances, et elle s'était mariée très jeune à un riche homme d'âge mûr, qui s'était engagé, quant à lui, dans la Navy. Alors que son unité avait déjà été déployée à Guadalcanal, dans le Pacifique, Emma avait décidé d'intégrer le Corps des Ambulancières, peu après le départ de son époux. Elle se trouvait maintenant dans l'Ohio, en pleine formation, avec toutes ses coéquipières. Puis étaient parties Colette, Denise, Elizabeth, Mary. Toutes avaient quitté leur situation aisée et leur statut de civile pour aider leur pays en ces temps de guerre. Seule Frances n'avait toujours pas sauté le pas, regardant ses amies, une à une, quitter New-York dans des camions blindés en direction de camps d'entraînement ou d’hôpitaux militaires. Mais après un mois passé sans fréquenter aucune connaissance, toutes parties, et à cogiter frénétiquement sur la décision à prendre, la jeune brune avait décidé de sauter le pas. C'est en pensant à toutes ses amies déployées à travers le pays mais aussi à l'autre bout de l'Océan que Frances se mit à monter rapidement les nombreuses marches du grand perron. Lorsqu'elle poussa la porte vitrée, un courant d'air frais vint balayer son visage. Le large hall était rempli de monde, hommes et femmes. Tous étaient en uniforme, allant de ceux de la Marine jusqu'à ceux de l'Air Force. D'un naturel calme et réservé, devant toute cette agitation, Frances eu soudain envie de sortir d'ici en courant. Mais pas question de se défiler. Elle avait trop attendu. Alors que des milliers de jeunes femmes avaient tout quitté pour aider les États-Unis, Frances n'avait encore rien fait, continuant de vendre des gants de soie et des robes en dentelle comme si de rien n'était. L'envie de se mettre au service de son pays ne manquait pas, mais c'était bien la culpabilité qui l'avait empêché de franchir le cap. Comme beaucoup de jeunes femmes qui n'étaient pas encore mariées, Frances vivait toujours chez sa mère. Eillen Floyd, née Lloyd, était, tout comme son défunt époux, une Galloise pure souche qui avait émigré aux États-Unis alors qu'elle était encore adolescente. Arrivée à New-York, elle avait été placée en pension, et c'est à dix-huit ans, lorsqu'elle était serveuse dans un café de la Cinquième Avenue qu'elle avait commencé à fréquenter Peter Floyd, la père de Frances, ouvrier à l'époque. Il avait réussi à échapper à la Première Guerre Mondiale, ne s'étant pas engagé dans l'Armée à cause de soucis de santé. C'est en 1921 qu'ils eurent Frances, et c'est quand cette dernière eut douze ans que Peter mourut d'une mauvaise pneumonie. La petite Floyd fut donc élevée seule par sa mère à partir de ce moment là, qui était à présent veuve. La maladie et le décès de son mari l'avait métamorphosée. D'un caractère gai et bavard, elle avait subitement arrêté de sourire à tout bout de champ et n'ouvrait la bouche pour parler que lorsque c'était nécessaire. Sa garde-robe vidée de toute autre couleur que du noir, son visage était devenu figé en permanence et ses yeux avaient perdu la petit étincelle qui les caractérisaient tellement aux yeux de Frances. La vie de cette dernière devint alors morne et ennuyeuse, la jolie brune grandissant dans un environnement maussade. Mais elle se tut et se laissa gentiment éduquer par sa mère. Aujourd'hui, à vingt-trois ans, Frances n'était pas encore fiancée, au grand dam de Mrs.Floyd. Elle vivait encore chez celle-ci, dans un petit appartement à Brooklyn, où elle avait grandi. Il y a deux ans, alors que les deux femmes avaient vu la guerre arriver à grand pas, Eillen avait commencé à avertir sa fille : pas question qu'elle s'engage dans l'Armée, où sinon, interdiction de renter à la maison. La place de toute femme respectable était à la maison, s'occupant des enfants et de la cuisine, pendant que le mari travaillait. « Encore faut-il en trouver un » grommelait souvent Frances dans sa barbe quand sa mère lui rappelait son devoir de rester en place. « Et infirmière ? » lui avait un jour proposé Frances. « Qu'en dis-tu ? Je serais peut-être dans l'Armée, mais je... » « Pas la peine d'insister », l'avait coupé Mrs.Floyd d'un ton désintéressé. « Quoi que tu fasses, tu seras envoyée à l'autre bout du pays -ou du monde d'ailleurs- pour aller servir. Pas question que tu partes d'ici. » Frances appréciait par moment le sentiment de protection maladive dont sa mère faisait preuve, elle se rappelait qu'à l'époque, cela la faisait doucement sourire. Mais presque un an après l'attaque de Pearl Harbor et la déclaration de guerre officielle des États-Unis, les rappels encore plus incessants de sa mère sur son intérêt à rester vendeuse et trouver un mari l'agaçaient de plus en plus. Frances voulait partir d'ici, partir de New-York afin d'aider son pays. Pour elle, il n'y avait aucun inconvénient, et de toute façon, les femmes n'occupaient pas les fonctions combattantes. Frances avait déjà fréquenté plusieurs hommes, avant de se rendre compte que le mariage ne lui siérait pas dans l'immédiat. D'autant plus que le métier qu'elle exerçait à la boutique depuis deux ans à présent commençait à lui taper sur les nerfs, tout autant que certaines clientes habituées du magasin, sans compter l'envie qu'elle éprouvait envers ses amies qui étaient déjà parties s'engager. Elle les avait vu partir chacune leur tour de derrière son comptoir de bois poli, à emballer des stupides paquets pour un salaire misérable. Ce manège durait depuis bien trop longtemps. Frances étouffait, elle avait besoin de changer d'air. Et quoi de mieux que de servir dans la WAC ? Et si elle ne le faisait pas, où allait-elle aller ? C'était trop risqué, tous les continents vivaient des périodes mouvementées. Le meilleur moyen de s'échapper des griffes de Eillen Floyd était de faire ce qu'elle lui avait justement interdit. Elle en mourrait d'envie. Frances était une femme, bon Dieu, elle n'avait pas besoin de l'aval de sa mère pour faire quoi que ce soit. Mais maintenant, alors qu'elle se trouvait dans le hall du grand bâtiment de la Défense, la brune sentait de légers remords l'étreindre à l'idée d'aller s'inscrire sans même en avoir parlé à Eillen. « Non. J'ai bien fait », se dit-elle. « Elle m'en aurait empêché et enfermée dans ma chambre afin que je ne puisse pas en sortir jusqu'à la fin de la guerre ». Après cette argument, la poitrine de Frances se délesta d'un certain poids, et elle se dirigea sans attendre vers les ascenseurs avant de ressentir à nouveau une quelconque hésitation.

✻✻✻

(may we meet again) La nuit tombait avec lenteur sur New-York. Depuis la petite fenêtre de sa chambre, Frances pouvait apercevoir au loin le port de Brooklyn, avec ses paquebots amarrés et ses infrastructures en acier. Quelques étoiles éparses parsemaient le ciel sombre et les enseignes des boutiques commençaient à s'illuminer, une à une. La brune boutonna son gilet et se décida finalement à fermer la fenêtre. Avec un frisson, elle tourna la poignée avant de s'assoir sur son lit étroit. Seule la lumière faiblarde de sa lampe de bureau éclairait la pièce et tout était silencieux. Frances jeta un coup d'oeil à sa montre, qu'elle portait encore au poignet. 23h04. Elle n'était pas sure de pouvoir dormir cette nuit. Cela faisait six jours qu'elle s'était présentée aux offices de la WAC, non sans angoisse. Après avoir fait la queue derrière une dizaine de jeunes femmes de son âge, elle avait finalement rempli le dossier que lui avait tendu la secrétaire : nom, prénom, âge, date de naissance, adresse, nationalité et autres champs divers. Directement après, elle avait suivi une infirmière dans une salle de consultation, dont le badge indiquait "Sophie", à peine plus vieille qu'elle. « Déjà une visite médicale ? » avait pensé Frances. Un rapide examen avait suivi. « Des problèmes de santé particuliers ? », avait demandé la nurse. « Non, aucun », s'était empressé de répondre Frances, qui savait qu'un simple souffle au cœur ou de l'asthme pouvait empêcher n'importe quel soldat de s'engager. Sophie avait gribouillé quelques notes sur une feuille de données puis l'avait tendu à Frances avec un grand sourire. « C'est bon. Vous pouvez aller vous présenter au bureau numéro 6. » La Floyd s'était exécutée, non sans sentir son cœur cogner trois fois plus fort dans sa poitrine. Elle y était. Enfin. Elle avait presque couru jusqu'au lieu indiqué, et avait impatiemment attendu devant la porte beige, faisant les cent pas. Le battant s'était ouvert sur une femme de quarante ans, tout au plus. Elle portait un impeccable uniforme vert foncé, des chevrons cousu sur la manche droite et un garisson posé sur sa chevelure déjà grisonnante. « Agent Forester. Entrez », avait-elle dit d'un ton calme. Frances l'avait précédé dans la pièce brillamment éclairée par les rayons du Soleil et s'était assise sur la chaise faisant face au bureau de l'Agent. Pas très loquace, cette dernière avait prit le dossier que tenait Frances dans les mains et l'avait feuilleté en silence. « Pas bavarde, cet Forester », avait songé la brune. Tordant entre ses doigts la poignée de son sac à main, elle avait attendu pendant de longues minutes interminables une quelconque réaction de l'Agent. Celle-ci avait relevé la tête au bout de quelques temps, juste pour griffonner une phrase dans un cahier de charges, puis ensuite plonger sa tête dans ce qui ressemblait à un formulaire, posé sur son bureau. Un stylo plume à la main, elle avait marmonné des mots inaudibles avant de finalement regarder Frances dans les yeux. Elle avait prit la parole, les mains jointes. « Bien. Miss Floyd, c'est ça ? » La concernée hocha vigoureusement la tête. « La WAC manque de services. » Ah. « Beaucoup de jeunes femmes se sont engagées, et les places manquent. À cause de ces nombreuses demandes, d'autres services, en grand nombre, sont en train d'être montés. Actuellement, il ne nous reste des places disponibles seulement dans les sections où peu de jeunes femmes désirent aller. Si vous étiez venu il y a six mois, au tout début de la guerre, vous auriez pu choisir votre affectation. » « Merci de me le rappeler », s'était dit Frances, avant de lâcher : « Je veux simplement aider. Tout ce que vous me proposerez me conviendra. » Et c'était vrai. L'Agent avait esquissé un sourire satisfait. « Parfait alors. Je vous affecte dans une des sections féminines du Génie Militaire. 99ème division, 324ème régiment, mécanicienne. Vous pourriez avoir de fréquents contact avec les compagnies masculines s'y trouvant, comme la Wild West ou la Blue. » Frances n'avait pas répondu tout de suite. Mécanicienne ? Bon Dieu, elle n'avait jamais manié une simple clé à molette. « Vous savez, la Navy n'est pas la seule à employer des femmes ingénieures de combat », avait rajouté l'Agent avec une fierté apparente. « O.. Oui. C'est parfait, merci. » avait fini par dire Frances. Avant qu'elle n'ait pu prononcer autre chose, Forester avait complété : « Dans une semaine, vous partirez pour la Virginie. Un camp de formation vous attend là-bas. Ensuite, vous serez mise au courant de la suite des évènements. » S'en suivit un tas de paperasse, et ce fut tout. Frances avait serré la main de l'Agent puis était rentrée chez elle, non sans récupérer son uniforme de fonction. Six jours avaient passé, et elle se trouvait à présent assise sur son matelas, à 23h04, dans sa chambre de l'appartement qu'elle partageait avec sa mère. Demain matin, à sept heures, elle devait être en tenue, prête à partir, devant le poste auquel elle s'était présenté une semaine plus tôt. Elle n'avait encore rien dit à sa mère. Depuis son inscription à la WAC, Frances s'était gardé de lui annoncer quoi que ce soit. Et ce n'était surtout pas maintenant qu'elle allait le faire. Oui, elle allait s'enfuir. Comme une voleuse. Avec, en guise d'explications, une simple note posée sur la table de la salle à manger, à côté de la panière de fruits. Que faire d'autre ? Frances se mit debout et se dirigea vers sa table de nuit. Elle en sortit une feuille de papier à lettre jauni et un stylo à encre. Prenant appui sur son livre de chevet, elle se mit en tailleur contre le mur et posa la pointe de la plume en acier sur la feuille. Avant d'écrire quoi que ce soit, elle se contenta de coller son oreille au papier peint. La paroi étant fine comme du calque, elle entendit les ronflements légers de sa mère qui dormait. Et dire que quand cette dernière ouvrira l'oeil, Frances sera déjà en route pour la Virginie, en train de devenir mécanicienne. Eh bien, ce n'était pas vraiment la section qu'elle s'imaginait rejoindre. Tous les jours depuis cette annonce, elle avait admiré ses mains et ses ongles bien polis. Terminé, les mains délicates. Elle se voyait déjà les doigts écorchés et plein de cambouis. Mais cela ne lui posait pas de problème. Elle allait enfin partir. Après un moment d'absence, perdue dans ses pensée, à écouter la respiration rauque d'Eillen, Frances se mit à écrire. Une heure et demi plus tard, elle avait trouvé les mots justes. Elle plia la lettre en deux et la posa sur son bureau. Elle regarda autour d'elle. Tout était prêt. Elle avait mit toutes ses affaires personnelles (du moins, ce qu'on l'autorisait à emporter) en plus de ses divers uniformes dans un sac de toile, fourni par l'Armée. Tous ses formulaires ainsi que ses papiers se trouvaient sur sa commode. Sa chambre était parfaitement nettoyée, ses bijoux rangés et son lit fait. Il était presque une heure du matin et Frances, en pyjama, ne se décida toujours pas à aller se coucher. Elle n'avait pas sommeil, et savait qu'elle ne pourrait pas fermer l'oeil de la nuit. Alors, elle finit par prendre un bouquin (L'Ami Commun, de Dickens, son écrivain préféré) qui se trouvait dans son tiroir et le lu toute la nuit, jusqu'à ce que son réveil sonne cinq heures et demi. En forme mais une boule d'angoisse lui nouant peu à peu la gorge, elle ferma son livre qu'elle avait presque terminé et le fourra dans son sac. Elle enfila son uniforme resté plié sur sa chaise depuis la veille (une combinaison aux manches longues) et se noua les cheveux en un chignon. Les règles étaient claires : pas de cheveux touchant ou plus longs que le col. Elle vérifia une dernière fois qu'elle n'avait rien oublié puis passa par dessus son épaule son barda. Elle empoigna ses papiers puis la lettre pour sa mère. Avec discrétion, elle se dirigea dans la petite cuisine. Elle plaça sa note sur la table, bien visible, calée sous un verre. Puis, elle se sentit incapable de bouger. Elle y était, elle allait enfin pouvoir partir. Mais serait-ce de l'hésitation -encore- qu'elle ressentait à ce moment là ? Frances secoua la tête pour elle-même. Pas la peine de songer à reculer, maintenant que la machine avait démarré, il fallait suivre le mouvement. Elle tendit l'oreille. Silence. Sa mère n'allait pas tarder à se réveiller pour commencer à faire son ménage quotidien. Un étrange sentiment lui serrant la poitrine, Frances fit un détour par le salon. Sur le buffet, des dizaines de photographies se tenaient dans des cadres. Sans réfléchir, la jeune femme s'empara de celle qui représentait une famille heureuse : une petite fille d'une dizaine d'année, un père en costume et une mère en robe fleurie. Elle ôta le cadre et mit la photo dans la poche avant de son uniforme. Pas de temps à perdre, elle avait la moitié de la ville à parcourir à pieds pour être à l'heure de son départ. Elle ouvrit la porte d'entrée, ayant la furieuse impression d'être l'héroine d'un film cliché. La jeune adulte, femme accomplie, qui se libère des chaînes de sa famille pour filer, laissant derrière elle une lettre d'adieux déchirants, filant retrouver l'homme de sa vie. Mais quelque chose disait à Frances que son aventure n'allait pas être de tout repos et que la fin ne ressemblerait en rien aux happy ends de ce genre de longs-métrages. Peut-être qu'elle n'allait jamais revenir. Peut-être qu'elle allait mourir, sous le coup d'une balle égarée. Peut-être que c'était la dernière fois qu'elle voyait son appartement de Brooklyn. C'est sur cette pensée qu'elle s'empressa de fermer doucement la porte derrière elle, dévalant les escaliers de son immeuble.

✻✻✻

Citation :


Maman,
si tu lis ce mot, c'est que tu as déjà remarqué mon absence. Si ce n'est pas le cas, ne prend pas la peine de venir toquer à la porte de ma chambre pour me réveiller, car je ne m'y trouve pas. En fait, je suis, à l'heure actuelle, loin de toi, dans un camion blindé rempli d'autres jeunes femmes de mon âge, en route pour une destination qui t'est inconnue. Oui, je me suis engagée. J'ai fait ce que tu ne voulais pas que je fasse. Et même si tu penses que je suis une ingrate à ce moment même, saches que je garde encore quelques remords vis-à-vis de ma décision, mais toutefois pas suffisamment pour me faire rester.

Tu sais, j'aurais aimé être la personne que tu voulais que je sois, que je suive la voie que tu avais tracé pour moi, que je vive la vie que tu souhaitais. Depuis ma naissance, et plus particulièrement ces dernières années, depuis le début de la guerre, tu m'a surprotégée, avertie, mise en garde. Et pourtant, cela n'a fait que renforcer mon envie de partir, de me diriger vers un chemin que tu m'avais interdit de prendre. Celui de l'indépendance. De la liberté, peut-être. J'ai bien voulu faire la vaisselle, ranger les affaires, mettre la table, faire bouillir les légumes, passer le torchon, ôter la poussière. J'ai fait tout ce qu'une jeune adulte comme moi devait faire, sans me plaindre, en suivant ton exemple. Mais je suis à bout. Je ne peux plus, je ne veux plus continuer. Je ne veux pas me marier, je ne veux pas rester ici à t'aider à nettoyer maison. Je veux partir, aider mon pays, donner du mien en ces temps difficiles. Car tu sais qu'ils sont difficiles.

Je suis sure que tu t'en sortira sans moi. Merci pour tout ce que tu as fait. Pour m'avoir bien éduquée, pour avoir fait de moi une adulte accomplie. Mais il est temps pour nous de se séparer, et pour moi, de m'enfuir. Je sais que tu n'approuvera jamais ma décision, et dans un sens, je peux le comprendre. Qui sait ? Peut-être que je ne reviendrai jamais, moi, ta fille unique. Toutefois, il y a peu de chances que je perde la vie dans les années qui vont suivre, et tu le sais. Les femmes ne peuvent pas remplir les fonctions combattantes. Mais après tout, l'avenir est tellement incertain. Je ne sais pas où je serai dans six mois. Dans le Pacifique ? Aux États-Unis ? Sur un autre continent ? Tout ce dont je suis sure, c'est que, où que je sois, je participerai à l'effort de guerre. Et mon aide, aussi petite soit-elle, amènera peut-être à la victoire.

Avec le temps, tu pourras surement me pardonner d'être partie. Me pardonner d'être heureuse en vivant une vie que tu n'avais pas envisagé pour moi. Même si tu es en colère, écris-moi. Pour ma part, je continuerai à garder contact. Essaie de ne pas jeter les lettres que tu recevras avant même de les avoir lu. Fais au moins ça.

Je te connais, maman. Je connais aussi celle que tu étais avant la mort de papa. J'espère que tu sais toi aussi que tu ne pourras pas rester fâchée contre moi pour toute la vie. Et j'espère que je ne me trompe pas en pensant ça.

Je t'aime.




✻✻✻

(ucucuc) Sed ut perspiciatis unde omnis iste natus error sit voluptatem accusantium doloremque laudantium, totam rem aperiam, eaque ipsa quae ab illo inventore veritatis et quasi architecto beatae vitae dicta sunt explicabo. Nemo enim ipsam voluptatem quia voluptas sit aspernatur aut odit aut fugit, sed quia consequuntur magni dolores eos qui ratione voluptatem sequi nesciunt. Neque porro quisquam est, qui dolorem ipsum quia dolor sit amet, consectetur, adipisci velit, sed quia non numquam eius modi tempora incidunt ut labore et dolore magnam aliquam quaerat voluptatem. Ut enim ad minima veniam, quis nostrum exercitationem ullam corporis suscipit laboriosam, nisi ut aliquid ex ea commodi consequatur? Quis autem vel eum iure reprehenderit qui in ea voluptate velit esse quam nihil molestiae consequatur, vel illum qui dolorem eum fugiat quo voluptas nulla pariatur?

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